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Juusei to Diamond (PSP)

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Juusei to Diamond (PSP)

Jusei to Diamond PSP


Titre original : 「銃声とダイヤモンド」 Diamond and The sound of a Gun shot
Titre simplifié : Juusei to Diamond
Sortie Japon : 18 juin 2009
CERO rating : B (12ans)

Développeur : Zener Works

Editeur : SCEJ

Machine : PSP

Surfant sur la vague des romans interactifs couplée à celle des jeux d’enquêtes policières ayant vu le jour ces derniers mois au Japon sur Nintendo DS notamment, le développeur Zener Works et SCEJ ont lancé à la mi-juin Juusei to Diamond (銃声とダイヤモンド Diamond and The sound of a Gun shot), jeu d’un nouveau genre, sur PSP. Si l’on se fie à la boîte du jeu qui indique « 交渉アドベンチャーノベル », il s’agit là d’un « roman d’aventure/négociations » : plus concrètement, Juusei to Diamond est un roman d ‘enquêtes policières interactif, comme à la mode en ce moment, avec la particularité d’axer ses phases de gameplay sur des négociations entre flics et bandits, lors de prises d’otages et autres situations de vol à main armée ou crimes en tous genres.

Le jeu se passe dans un Tokyo moderne, et le joueur incarne Onitsuka Yoichi (鬼塚陽一), négociateur freelance au service du département ZERO, section spéciale de la police de Tokyo, spécialisée dans… la négociation avec les criminels. Toujours sûr de lui et anticipant le moindre mouvement, la moindre parole de ses adversaires, Onitsuka paraît presque trop infaillible lors des négociations. A ses côtés plusieurs personnages au charisme nettement moindre, excepté peut-être Kanzaki Hiromi, son assistante, dans le rôle de co-héroïne mignonne et godiche, mais pas trop non plus.

Juusei to DiamondLe jeu est découpé en plusieurs enquêtes, à première vue distinctes les unes des autres, mais en avançant le joueur se rendra rapidement compte des embranchements entre chaque enquête : liens profonds entre les personnages, armes de contrebande réutilisées dans d’autres affaires, etc. Comme dans un feuilleton/drama série TV, des questions restent en suspens… etc. La trame est vraiment bien ficelée -chose dont on se rend de plus en plus compte en avançant dans le jeu-, et les rebondissements, parfois abusifs, tiennent toujours le joueur en haleine pour continuer à avancer dans l’aventure. La qualité de la réalisation n’y est pas étrangère, puisque les plans, bien que fixes, et les coupures entre les différentes scènes sont vraiment bien pensés et insufflent au déroulement de l’histoire un rendu excellent. Bon point pour les compositions, puisque bruitages et musiques d’ambiance parviennent à compenser le manque de mouvements et de dynamisme récurrent au genre jeu/roman à images fixes.

Composé à 99% de phases de dialogues passives, pendant lesquelles il suffit d’appuyer sur un bouton pour faire défiler le texte, la seule véritable phase de gameplay réside dans la négociation pure et dure (encore que parler de véritable gameplay est une sacrée exagération…). Au cours de ces phases de négociations directes avec les criminels (prises d’otages ou simples discussions téléphoniques ou autres phases de persuasion), la conversation entre le héros Onitsuka et le criminel se fait en temps réel, il est donc impossible de ralentir les dialogues ou de s’arrêter sur une phrase pour réfléchir. Le joueur a, lors de ces phases de jeu, la possibilité d’interagir dans le dialogue en choisissant (ou non) de cliquer sur des choix de conversation : par exemple orienter la conversation droit au but (être franc et direct avec l’interlocuteur) quitte à l’énerver et faire exploser sa barre de colère (qui résulte en un game over), ou au contraire la jouer fine et faire entendre au criminel ce qu’il veut entendre pour mieux négocier et aspirer à une entente, voire tirer les informations souhaitées en attisant sa confiance. Alterner entre mensonges et vérité, aller dans le sens du criminel ou au contraire lui mettre des bâtons dans les roues, la manipulation et la compréhension des intérêts et du tempérament de l’adversaire seront les clés de la réussite. Tout est question de tact, et cette gestion du « tête à tête » est plutôt bien rendue.

Juusei to Diamond

Lors des phases de négociations, une barre de split coupe l’écran en deux parties, et se déplace vers la gauche ou la droite en fonction de l’avancée de la négociation en votre faveur, ou en faveur de votre interlocuteur. Si vous terminez la conversation avec la barre de split à droite, cela signifie que vous avez « battu » l’ennemi et obtenu ce que vous vouliez sans faire de sacrifices. Au terme de la négociation, vous obtenez alors une note (A = parfait ; ou B = réussi mais pas parfaitement, ou game over = plus de 100 (mauvaises) fins différentes disponibles !). Si le joueur n’obtient pas assez de « A », les deux derniers épisodes (5 et 6) resteront inaccessibles, mais il sera heureusement possible de retenter toutes les négociations passées pour obtenir un maximum de « A ». Pour rendre cela plus aisé, via les phases préliminaires de « profiling » et les informations apportées par votre collègue Nakamura le « profiler », vous en apprendrez davantage sur le caractère et les intentions et objectifs des criminels, et pourrez ainsi mieux gérer les négociations en obtenant un maximum d’informations en amont. J’oubliais également de mentionner le menu des personnages, dans lequel on découvre en un clin d’oeil tous les acteurs de l’affaire en cours, leurs relations ainsi qu’une brève présentation de chacun d’entre eux, avec leurs origines, leurs motifs et leur rôle à jouer dans l’affaire. Les informations qui y figurent sont mises à jour lors de votre progression dans l’histoire.

En outre, plus de 100 personnages font leur apparition dans le jeu ! C’est le célèbre scénariste Asano Kazuya (麻野一哉), connu pour ses travaux sur les jeux Chunsoft notamment (Machi, Unmei no Kousaten (街 〜運命の交差点〜), Kamaitachi no yoru 1 & 2 (かまいたちの夜), Otogirisô (弟切草) ou Anata wo Yurusanai (アナタヲユルサナイ) plus récemment), qui est au poste de directeur scénariste et metteur en scène de Juusei to Diamond, « jeu-drama » aux nombreux embranchements et recoupements entre des dizaines de personnages.

Juusei to Diamond

Ce jeu est à conseiller à ceux qui ont joué à et apprécié Machi, et plus récemment 428 sur Wii, ou ceux qui veulent découvrir le genre. Il faut bien sûr aimer les enquêtes à suspense et à rebondissements, et surtout, surtout, aimer les jeux « romans », où l’on passe 99,9% du temps à lire des dialogues et à appuyer sur rond pour faire défiler la conversation (on peut même la mettre en automatique, comme dans un film… il ne reste plus qu’à poser la PSP et à regarder l’histoire se dérouler… qui a dit casual gaming? xD). Hormis les phases de négociations, somme toute très rares, on peut donc dire qu’on ne joue pas. Mais à défaut d’être acteur de l’histoire, on a vraiment la sensation de mener l’enquête aux côtés des héros, et c’est ce qui fait la force du titre de Zener Works.

Juusei to diamond

Dernier bémol, le niveau de japonais est assez élevé ; il s’agit globalement, je pense, d‘un niveau de langue très bon pour étudier, regorgeant de nombreuses expressions de tous les jours, d’une bonne dose de langage formel, mais aussi des mots plus courants : en somme, un large éventail de vocabulaire excellent pour étudier à un niveau déjà élevé. Compréhension indispensable pour apprécier le jeu à sa juste valeur. Sortie prévue en Occident? Fuzaken na yo ! (trad. : fous-toi de ma gue… !)

Les plus :

+Un jeu pour adultes
+Un excellent scénario mis en exergue par une réalisation de très bonne facture
+Des personnages attachants et un héros qui ne faillit jamais
+Une bonne durée de vie

Les moins :

-Il faut aimer le genre sound novel et les histoires de flics/bandits
-Des dénouements d’épisodes parfois « surprenants »
-Très difficile d’obtenir des A et d’accéder aux dernières enquêtes
-Des bad endings qui ne servent à rien et que l’on ne peut revisionner
-Des gars comme Onitsuka n’existent pas en vrai

Note : 7/10

Sortie : 18 juin 2009
Prix : 4980 yen/3800 yen en DL
CERO rating : B (12ans)

Développeur : Zener Works
Editeur : SCEJ
Machine : PSP

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