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428 : Fûsa sareta Shibuya de (PSP, PS3, Wii)

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428 : Fûsa sareta Shibuya de (PSP, PS3, Wii)

428-shibuya

La version testée ici est la version japonaise PlayStation Portable.

428 : Fûsa sareta Shibuya de (le chiffre 428 se lit « Shibuya », et comporte un double jeu de mots avec la date à laquelle se passe l’action du jeu, le 28 avril, 4/28 en japonais. Le titre complet pourrait se traduire par « 28 avril : Blocus à Shibuya« ) fait partie de ces jeux à textes qu’on appelle Visual Novels, genre assez populaire au Japon, dont le développeur Chunsoft est l’un des principaux développeurs avec tout un panel de jeux du genre à son actif. 428, celui qui nous intéresse ici, est sorti le 4 décembre 2008 sur Wii, avant de connaître un portage grâce à Spike sur les consoles Sony (PS3, puis PSP) en septembre 2009. Nous nous sommes donc rués sur une version portable, format le plus adapté à ce genre de jeu, et il est temps maintenant de percer le mystère qui plane autour de ce titre, qui avait fait tant parler de lui sur le net après avoir reçu la note suprême, le 40/40, dans le magazine japonais Famitsu. N’ayant quasiment aucune source en français qui nous parle avec précision du contenu du jeu (à part quelques écrits, dont notamment le blog de Vincent), nous voulions vraiment faire la lumière sur ce jeu, qui le mérite vraiment.

Par où commencer? 428 est un visual novel, ce n’est donc pas un jeu vidéo au sens habituel du terme, mais plutôt un roman imagé et sonorisé, si je puis m’exprimer ainsi. Les images se succèdent sur du texte, avec parfois quelques effets visuels, mais il faut vraiment penser la chose comme un livre interactif :comme dans tous les jeux du genre, le joueur pourra agir sur l’histoire en faisant des choix pendant les dialogues, afin d’éviter les mauvaises fins (game over) et de faire avancer l’histoire jusqu’au dénouement final, ou plutôt LES dénouementS, puisque plusieurs fins sont accessibles, selon les choix que le joueur aura faits pendant l’aventure. Jusque là, rien de bien nouveau, mais alors, qu’est-ce qui fait la force de 428, et qu’a-t-il de plus que les autres jeux du genre?

Tout d’abord, un petit point sur l’histoire : comme le titre l’indique, l’histoire de 428 de passe à Shibuya, et l’intégralité des scènes du jeu se déroule dans Shibuya-ku (l’arrondissement de Shibuya) qui s’étend vers Harajuku au nord, Daikanyama à l’ouest, Ebisu au sud et Hiroo à l’ouest. Le jeu démarre sur la place de la gare, et le joueur est immédiatement propulsé dans la tête de Shinya Kanô, un agent de police tout à fait banal, qui fait partie d’une centaine d’agents déployés à Shibuya pour tenter de résoudre les mystères entourant un kidnapping. Devant la statue du chien Hachikô se tient une jeune fille, Hitomi Osawa, portant à la main une mallette remplie d’argent. Sa soeur jumelle, Maria Osawa, s’est faite kidnapper quelques heures auparavant, et l’auteur du kidnapping a vraisemblablement demandé à Hitomi de se rendre à Hachikô à dix heures pétantes, pour récupérer la rançon en échange de sa soeur Maria. Si dès le départ, le scénario semble rempli de mystères, le joueur se rendra très vite compte que le complot contre les soeurs Osawa est bien plus complexe qu’il n’en a l’air, et le jeu laissera apparaître petit à petit un scénario captivant, mettant en scène des personnages ultra travaillés. Venons-y justement, à la force majeure de 428 : le joueur suivra simultanément le destin de 5 personnages (joués par de vrais acteurs), qui, s’ils n’ont au départ aucun point commun visible si ce n’est le fait de se trouver à Shibuya au même moment pour des raisons différentes, vont tous se retrouver d’une manière ou d’une autre mêlés à l’histoire.

Outre Kanô le policier, le joueur suivra aussi les péripéties de Achi Endô, un jeune homme qui habite à Shibuya depuis son enfance et qui passe son temps à ramasser les déchets dans la rue afin de protéger son quartier, tout en aidant son père à gérer leur petite boutique familiale d’appareils électroniques. A priori sans aucun lien dans l’histoire d’enlèvement, Achi se retrouvera bien malgré lui pris dans cette pagaille, après avoir eu la mauvaise idée de passer à Hachikô à 10 heures… Le troisième personnage est Kenji Osawa, éminent chercheur d’un grand laboratoire pharmaceutique, il est en outre le père de Hitomi et Maria, et jouera un rôle prépondérant au sein de l’histoire. Probablement le personnage le plus sombre et le plus intéressant du jeu. Vient ensuite l’écrivain-journaliste déjanté Minoru Minorikawa, qui lui aussi se retrouvera mêlé à l’enquête malgré lui, via son ancien patron, qui croule sous les dettes de sa petite maison d’édition. Minorikawa va l’aider à boucler le dernier numéro de son magazine, et pour cela, il devra écrire plusieurs articles à propos de Shibuya, et ce, d’ici à ce soir ! Et enfin la jeune Tama, personnage le plus loufoque du jeu : affublée de son costume de chat mignon, elle est aujourd’hui à Shibuya pour un petit boulot (distribuer des échantillons de boisson amaigrissante devant la gare). Aussi naïve et mignonne qu’elle semble être, de nombreux mystères l’entourant feront très vite surface, à commencer par une mystérieuse amnésie…

Mais la force de 428, c’est son système d’interaction entre le récit des différents personnages, via un menu appelé le Time Chart. Concrètement, ça sert à quoi? Par exemple, il arrive que le déroulement d’un scénario soit bloqué par un message « Keep Out » ; le joueur sera alors obligé de switcher sur un autre personnage pour permettre au premier d’avancer. Par exemple, si le personnage avec lequel on joue en croise un autre dans la rue, il se peut que l’écran se bloque sur un Keep Out, et il faudra alors avancer jusqu’à la même tranche horaire avec l’autre personnage (par exemple, s’ils se croisent à 12h15, les deux auront un Keep Out à l’heure-là), en cliquant sur une partie de texte de couleur rouge : on pourra alors faire un « Jump » du second perso vers le premier, pour le débloquer. Dans le même ordre d’idée, il arrive qu’un personnage tombe sur un Bad End (équivalent du game over = une mauvaise fin), à cause d’un mauvais choix lors d’une conversation passée, mais il arrive aussi de ne pas pouvoir éviter un Bad End si l’on n’a pas suffisamment avancé et fait un certain choix avec un des autres personnages. En cours de jeu avec Tama, choisissez de distribuer une boisson amaigrissante à un homme, Kanô s’en mordra les doigts. Faites répondre à l’interphone la femme de Osawa, c’est Minorikawa qui aura droit à un Bad End. Et il y en a des tonnes, de ces situations, souvent bien trouvées et originales. Il faudra donc réussir à faire avancer chacun des cinq persos, d’heure en heure, de 10h du matin à 20h (heure à laquelle l’aventure prend fin). A chaque heure pile, chacun des persos aura droit à un message « to be continued », et une fois que les cinq l’auront rejoint au même point (temporel), on passe  alors à l’heure suivante. Une gestion visuelle du temps « en direct », dans la mouvance de 24h Chrono.

Grâce à une mise en scène dynamique, des plans mettant bien en évidence l’action, des dialogues remarquablement écrits, des musiques et surtout des bruitages fabuleux (pas de PSP sans casque, comme d’habitude), des acteurs engagés, une interface bien pensée, un système de sauvegardes pratique (sur PSP en tout cas, quid des autres versions), chaque minute de jeu est un vrai bonheur, et le jeu nous tient toujours en haleine pour la suite. Le rythme va crescendo, les enjeux aussi (les risques que prennent chacun des persos sont de plus en plus grands, la petite affaire d’enlèvement du début prend des proportions insoupçonnées), et on ne s’ennuie pas un instant.

Au sujet des soucis, pas grand-chose à dire, si ce n’est que la promotion du single d’Aya Kamiki, Sekai wa sore demo kawari wa shinai (voir la deuxième vidéo, sous l’article), utilisé comme générique du jeu est intrusive. Bien qu’intégrée à l’histoire assez habilement (Kenji Osawa est fan de la chanteuse, et il écoute son nouveau single pour se détendre…), je la trouve abusive. Ca se discute… et d’ailleurs, ça contribue au débat sur la façon d’intégrer la pub dans les jeux vidéo. Mais bref je m’égare ici. Autre souci mineur, il arrive que le respect des horaires soit un peu perturbé, ce que l’on pardonne lorsque le scénario est aussi complexe. Mais c’est du chipotage, et il faut vraiment chercher la petite bête. Aussi, la multiplication des rencontres « fortuites » entre les différents protagonistes dans les rues et les bâtiments de Shibuya est un peu exagérée : mais c’est la même chose dans la grande majorité des films et surtout des sériés télé, dans lesquelles les personnages se retrouvent souvent « comme par enchantement » dans un restau, dans un parc, ou autre, pour les besoins de l’histoire. Mais ici, on est dans Shibuya, et la probabilité de se croiser est tout de même réelle, d’autant que les persos sont guidés par la même « quête », qui a tendance à les emmener souvent aux mêmes endroits. Donc ce n’est pas vraiment un souci en soi. Je vous laisse avec les plus et les moins, puis le verdict, qui parlera mieux que de longs paragraphes. Muge-Nihon ne met pas la note suprême comme l’avait fait Famitsu, et nous ne nous prononçons pas quant  à la crédibilité de cette note, mais quoi qu’il en soit, en un mot comme en cent, 428 : Fûsa sareta Shibuya de est un très grand jeu vidéo. Si Chunsoft pouvait localiser ses jeux, l’Occident y gagnerait quelque chose de précieux.

Les plus :

+Un scénario absolument remarquable et remarquablement mis en scène (écriture au top, acteurs excellents, jolies photos, rythme soutenu)
+Le génialissime système de destins croisés entre les personnages, le time chart, qui équilibre la durée des phases de jeu entre les personnages, oblige à switcher entre les cinq pour débloquer des situations, et donne du rythme à l’aventure
+L’ambiance sonore, encore plus que les musiques
+La profondeur des personnages
+La profondeur du jeu : un background travaillé (descriptions dans les détails de personnages, lieux, événements, etc.), une très bonne durée de vie, les bonus de fin de jeu
+Les surprises, les accroches entre les chapitres, et la fin du jeu !

Les moins :

-La promotion ingame du single de Aya Kamiki, abusive, intrusive. Un peu, ça va, mais c’est trop à mon goût
-Certains écarts de temps un peu louches (avec un système horaire à la 24h Chrono, c’est difficile de tout faire concorder à 100%, mais je chipote, et à moins de chercher la petite bête là où elle n’est pas, tout s’emboîte, tout se tient, tout se rejoint. Bravo)
-Requiert un très bon niveau de japonais : vocabulaire romancier (descriptions physiques, etc.)
-A quand la suite… ? 429, Shibuku? :p

Note : 9/10

Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

Site officiel : http://chun.sega.jp/428/

  1. Super Test j’adore sa donne nevi de jouer, même si on sais qu’en France il sortira probablement jamais…

    Dit dit Ryo tu me le prête en Août?

  2. Je me suis interessé à ce jeu grâce à Aya Kamiki, la chanson est censé faire le thème du jeu mais pour moi, on l’entends quasi jamais, la promotion n’est pas allé plus loin, le single a fait un petit flop :/ bref sur ce je n’ai pas le jeu, mais ce genre de jeux sont des perles. J’aimerais beaucoup pouvoir y jouer un jour en français ou en anglais… ah si seulement!

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